Arrière-Mondes // Mireille Blanc, Emmanuelle Castellan et Florence Reymond.

Du 3 au 25 février 2017

A l’occasion des 10 ans de la résidence Chamalot, Mireille Blanc, Emmanuelle Castellan et Florence Reymond investissent la galerie Odile Ouizeman, pour une variation sur les « arrière-mondes ». Au contraire de Nietzsche qui fustigeait l’arrière-monde et n’y voyait qu’une illusion issue de la « souffrance et de l’impuissance », empêchant l’Homme de s’accomplir dans le monde sensible, les œuvres des ces trois artistes revendiquent et offrent un espace-autre.

Les arrière-mondes de Mireille Blanc évoquent les années 80, le charme suranné des napperons de dentelles et des objets de vide-greniers. Utilisant des images trouvées au hasard des brocantes et des albums de famille, elle les retravaille et les peint ensuite. En changeant le cadrage, c’est notre perception des objets représentés qui s’en trouve modifiée. Pas tout à fait abstraites, plus vraiment figuratives, ses images font appel à notre mémoire et nos souvenirs, telles les résurgences d’un passé familier.

Les peintures d’Emmanuelle Castellan révèlent un univers fragile et poétique construit autour du vide et de l’émergence. Les motifs dispersés sur la toile rythment l’espace qui semble se propager hors du tableau. Des lacérations, des déchirures viennent troubler le calme de ces espaces et invitent à s’interroger sur l’arrière de la toile. Ses images invitent à l’introspection et la méditation, laissant à chacun le soin de s’immerger dans son arrière-monde.

Florence Reymond cherche à retrouver dans ses toiles la liberté de l’enfant. Ce monde de l’enfance où toutes les choses paraissent démesurées provoque une vision déformée de la réalité. Florence Reymond « déplie » ce monde sur ces toiles : les meubles s’y déploient comme des morceaux de papier, l’espace est incertain, ni intérieur ni extérieur, et on finit par se perdre dans le jaune solaire de cet autre espace, de cet arrière-monde, écho de notre propre enfance.

Arrière-monde ou espace-autre, l’exposition devient une échappatoire du quotidien, une porte vers un temps suspendu, ouverte à tous les « hallucinés de l’arrière-monde »[1]