Tragic Timing // Marko Mäetamm & Pavel Pepperstein

30 mai // 22 juillet 2017

Alistair Hicks curator

Neither Pepperstein nor Mäetamm really care whether you weep or bellow with laughter. They live and work on their nerve-ends. Their prime aim is not be funny or tragic, but they are both. We don't see Na- poleon weeping as he sees his treasured prize, Moscow, go up in ames. Everyone is not laughing while they have fun in Mäetamm's orgy.
Comedy usually relies on timing, which makes it dif cult for artists making lasting paintings. Pepperstein and Mäetamm are two contemporary artists breaking this rule, and part of the reason for their success is that they are not comics. They are not stand up comedians, deliverers of one punch line. They get into our hearts and heads through those tingling nerve ends.
Pepperstein usually operates on a macro, almost cosmic level, while Mäetamm pads through his own home and looks under the beds , sofas and the cracks between the family unit. The aim of this exhibition is to show how these differences actually highlight a common conceptual ap- proach. They both live in their heads and offer to take us with them. They are like separate planets with their own atmospheres and gravitational elds, yet they are in the same galaxy. Mäetamm's Circus is an allego- ry for all art and all fantasy. He appears to have actually cut his wife in half when it is only meant to be a trick. Did Ivan the Terrible really mean to kill his son? Pepperstein reduces the act to its cartoon simplicity.
Perhaps both Pepperstein's and Mäetamm's work is about timing af- ter all, but it is the very questioning of the man made invention of time. The artists and their audience can happily and amusingly live in their heads most of the time. Then irreversible tragedy strikes.

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Que vous pleuriez ou que vous hurliez de rire, Pepperstein et Mäetamm ne s’en soucient guère. Ils vivent et travaillent sur leurs terminaisons nerveuses. Leur but premier n’est point d’être drôles ou tragiques, mais ils sont pourtant les deux à la fois. Nous ne voyons pas Napoléon pleu- rer tandis que Moscou, sa précieuse récompense, s’en amme.Tout le monde ne rit pas alors qu’ils s’amusent dans l’orgie de Mäetamm.
La comédie repose habituellement sur un certain sens du rythme, ce qui n’est pas aisé pour des artistes qui peignent dans la durée. Pepperstein et Mäetamm sont deux artistes contemporains qui rompent cette règle, et une partie de leur réussite vient du fait qu’ils ne sont pas des comiques. Ils ne sont pas des acteurs du stand-up, ni des rois de la chute. Mais par leurs picotements, ils touchent nos coeurs et nos têtes.
Pepperstein opère habituellement à un niveau macro, presque cos- mique, tandis que Mäetamm marche à pas feutrés dans sa propre maison et regarde sous les lits, les fatigues et les ssures qui tra- versent l’unité familiale. L’objectif de cette exposition est de montrer comment ces différences mettent en évidence une approche concep- tuelle commune. Ils vivent tous deux dans leur tête et proposent de nous emmener avec eux. Ils sont comme des planètes séparées, avec leurs propres atmosphères et champs gravitationnels, mais ils se situent dans la même galaxie. Le Cirque de Mäetamm est une allégorie de tout l’art et de tous les fantasmes. L’artiste semble avoir effectivement coupé sa femme en deux lorsqu’il n’aurait dû s’agir que d’un tour de passe-passe. Ivan le Terrible voulait-il vraiment tuer son ls? Pepperstein réduit l’acte à sa simplicité de dessin animé.
Après tout, le travail de Pepperstein et de Mäetamm concerne peut- être le temps, mais c’est surtout la question de l’invention humaine du temps. Les artistes et leur public peuvent vivre heureux et s’amuser dans leur tête la plupart du temps. Quand une tragédie irréversible frappe.

Traduction Géraldine Bloch